mercredi 5 septembre 2012

Noumea


J’ai fait - deux fois et il me gênerait aucunement d’y revenir une troisième fois - le Chemin de Compostelle. A chaque fois je l’ai parcouru d’une traite mais je nourrissais l’idée de le faire à l’ancienne, quand le pèlerin est obligé de s’arréter pour travailler, gagner le gîte et le couvert. Couper le bois, rentrer le foin, ou plus longuement faire une récolte, peut-être, ou s’arréter dans une ville et gagner de quoi continuer.
J’ai conçu ce voyage comme un Camino, simplement d’une plus grande ampleur. La seule différence formelle, c’est que je n’arrive pas au bout des terres mais que j’en fais le tour. Et si j’ai choisi de le faire par la mer, c’est peut-être pour cet instant, à Fisterra sur la falaise, où l’océan est devenu pour moi une certitude. Quand on marche un mois vers la promesse de la  mer, on peut s’attendre à désirer plus. 
J’ai depuis traversé l’Atlantique en cargo, le Pacifique en voilier, l’Amérique Latine en bus et en avion. Je me suis arrété pour vivre et me renflouer à Salta, Argentina et Granada, Nicaragua. Ma dernière nécessaire halte, à Nouméa, Nouvelle Calédonie, n’est pas des plus plaisantes mais elle a le mérite d’être financièrement plus productive. Et cette fois-ci l’équation pays riches / pays pauvres devrait jouer en ma faveur. (je suis parti du Nicaragua avec un pactole en dollars américains qui se sont révélés de la roupie de sansonnet face au franc pacifique. En un mois j’étais ruiné) donc j’envisage avec soulagement de passer quelques mois en Asie sans avoir à compter la monnaie au fond de mes poches.
Je n’ai objectivement pas de quoi arriver jusqu’en France donc il y aura encore une halte nécessaire, même si je n’ai pas la moindre idée de ce qu’elle sera, où elle sera. Il sera temps d’y penser plus tard. Pour le moment je veux juste le plaisir du voyage et puisque nous sommes en Septembre dans l’hémisphère Sud, encore une fois il est question de Voguer vers l’Ouest au Printemps et d’en appeler aux mânes de Chen Fu, mon chinois favori, après Lao Tseu, bien sûr.